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Vous trouverez une histoire complète de Hotchkiss et des
précisions sur le site officiel du club Hotchkiss.
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La
société Hotchkiss a été crée en 1871 dans l'Aveyron par Benjamin Berkeley Hotchkiss (1826-1885),
émigrant américain. En 1875, il ouvre une usine à Saint-Denis, près de
Paris, qui deviendra le vaisseau amiral de la société. La société Hotchkiss est alors surtout connue pour
ses armes à tir rapide (canons-revolvers de marine, fusils à répétition,
etc.).
Cette
spécialisation inspirera le logotype d'Hotchkiss, copié d'un insigne
américain : deux canons croisés au centre d'une ceinture gravée
Hotchkiss-Paris, le tout surmonté d'une grenade.
t Logo HOTCHKISS : source INPI
inscription n°227137
En
1886, les héritiers céderont leurs intérêts dans la société, qui sera
scindée en deux entités : une société mère anglaise et sa filiale
française, la "Société anonyme des anciens établissements Hotchkiss
et Cie". Dès 1901, Hotchkiss, grâce à son savoir-faire en
mécanique de précision, fabrique des pièces détachées pour l'industrie
automobile naissante.
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En 1903, l'activité armement se voit adjoindre la production d'automobiles
avec la sortie d'un prototype de voiture de 20 CV. C'est le début de la
marque du "Juste Milieu". L'après seconde guerre mondiale ne
permettra pas à Hotchkiss de se relancer. En 1955, sa direction décide de l'abandon de la construction
de voitures de tourisme au profit de camions, d'engins spéciaux et ... des
jeeps.
HOTCHKISS, en tant que
constructeur d'automobiles et d'utilitaires a cessé ses activités début 1971
et les jeeps , qu'elles soient civiles ou militaires, ne sont plus
commercialisées depuis 1969.
Industriellement,
1954 voit la naissance du groupe Hotchkiss-Delahaye qui devient
Hotchkiss-Brandt en 1956 avant une fusion dix ans plus tard avec
Thomson-Houston. Le nom de Hotchkiss s'efface alors peu à peu…
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Les jeeps civiles
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Le premier modèle civil produit en
1954 par Hotchkiss est la JH101, version française de la CJ3B américaine.
Elle en diffère principalement par la conservation du moteur "Go
Devil" et de la boîte de vitesses des jeeps militaires pour des
raisons d'économie et de standardisation. Une JH102 succède à la
JH101 en 1960 avec des modifications de détails (dont le passage en 12V) et
une option de motorisation diesel (JH102D avec moteur Indenor 85XDP4). En
1963, la HWL, version longue de la JH102, en version diesel ou
essence est rajoutée au catalogue.
t JH101 en couverture d'une brochure
HOTCHKISS de 1957
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Une JH102 succède à
la JH101 en 1960 avec des modifications de détails (dont le passage en 12V)
et une option de motorisation diesel (JH102D avec moteur Indenor 85XDP4).
En 1963, la HWL, version longue de la JH102, en version diesel ou
essence est rajoutée au catalogue.
JH102 et HWL en pages centrales d'une brochure HOTCHKISS non
datée u
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Les JH
et HWL sont produites à un peu plus de 6000 exemplaires tous modèles
confondus, de 1954 à 1969.
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La M201
En 1945, l'armée française de la Libération est dotée de
près de 8000 jeeps de provenance US suite aux accords d'Anfa et dans le cadre
de la loi prêt-bail. Ce parc est insuffisant et est complété par l'apport
d'environ 10000 jeeps provenant de la Société Nationale des Ventes de Surplus
créée en 1946 pour répartir et écouler les véhicules laissés par l'armée US
en cours de démobilisation en Europe. Cette dotation est également complétée
dans le cadre du Mutual Defense Assistance Program à partir de 1950
par différents stocks en provenance des dépôts US, notamment de l'Allemagne
occupée. Le remplacement de la jeep par un véhicule français est dès 1947 une
préoccupation.
La tentative de se doter d'une voiture légère de
reconnaissance purement française dans
le cadre du programme dit de la gamme tactique spécifique s'achève avec
l'échec de l'adoption de la Delahaye VLR par l'armée française. La fusion Delahaye-Hotchkiss
en 1954 finit de ruiner cette expérience.
En 1955, il n'apparaît vraiment pas comme une évidence que
la jeep sera amenée à remplacer la jeep :
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« Pourquoi
la Jeep MB ne peut-être la Jeep de l’avenir ? »
Véhicule conçu hâtivement
il y a 15 ans pour une utilisation de temps de guerre et de durée limitée.
§
Moteur :
Soupapes latérales, non chemisé.
§
Transmissions :
Boîte de vitesses à 3 rapports seulement, Absence de blocage de
différentiels.
§
Suspension :
Dure et de conception rudimentaire qui limite beaucoup la vitesse en
tout-terrain (éjection des occupants).
§
Pneumatiques :
Non conforme aux spécifications NATO (600 x 16 au lieu de 700 x 16).
§
Equipement
électrique : Non conforme aux spécifications NATO (6 volts au lieu de
24V1).
§
Antiparasitage : Sommaire1
§
Eclairage :
Non conforme aux spécifications NATO.
§
Confort :
Très relatif.
§
Performances :
Légèrement inférieures dans l’ensemble à celles du programme NATO et aux
possibilités techniques actuelles.
§
Tenue
de route : Moyenne, due en partie à son empattement court, en partie à
sa suspension (nombreux accidents dans les 1ères années).
Conclusions
-
Modèle
périmé dans son ensemble, dépassé par tous les modèles actuels :
les
US.A. l’ont abandonné au profit de la M38 et de la M38A1.
Tous
les autres alliés étudient des modèles annexes (Austin – Minerva – Alfa-Roméo
– Porsch – DKW – Goliath).
La
construction de la Jeep MB en France se justifie pour faire la soudure,
sans augmentation de maintenance, avec la Jeep de l’avenir
(PEUGEOT… ?).
Elle ne se justifie pas comme Jeep de l’avenir,
puisqu’elle serait inférieure à celles de tous les autres alliés.
1 - Note du texte original : La qualité de la
transformation actuellement étudiée par la Société HOTCHKISS en vue
d’équiper la Jeep MB en 24 volts avec antiparasitage complet est en cours
de vérification. Cette adaptation n’est obtenue qu’au prix de modifications
profondes rendant difficile l’accessibilité des organes annexes du moteur.
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Les militaires regardent avec envie vers Peugeot et sa VSP
ou vers l'étranger, notamment vers les États-Unis et leur M38A1 dont il est
envisagé un temps qu'elle soit produite par un consortium Hotchkiss
(détentrice des licences WIllys) associée à Peugeot, Renault et Citroën. Mais
l'armée française, saignée par dix ans de guerre d'Indochine, un conflit
prenant de l'ampleur en Algérie et la nécessité de préparer son armée à faire
face à un éventuel conflit avec le bloc soviétique n'a pas les moyens de
toutes ses ambitions. De fait, l'armée se dirige vers une solution visant à
prolonger la vie de son parc de véhicules de liaison, C'est tout
naturellement vers Hotchkiss, déjà fournisseur de pièces détachées, que les
militaires se tournent pour compléter leur parc. Avec la M201, c'est une
véritable reconstruction à laquelle se livre HOTCHKISS et non une simple
copie de la WILLYS MB. Les modifications apportées sont de deux
natures :
-
la
première consiste à corriger les points faibles de la WILYS MB. L'ERGMAu de
La Maltournée est sollicité de par son expérience de reconstruction des
jeeps. Par exemple, l'embrayage est renforcé, les essuie-glaces à commande
électrique sont montés de série, etc.
-
la
seconde consiste à adapter la MB aux standards OTAN et principalement de la
doter d'une alimentation électrique en 24V, Ce sera chose faite en 1959 après
plusieurs années de tests et de mise au point.
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A partir de l'été 1955, Hotchkiss produit un peu plus de
27600 M201 principalement dans son usine de Stains (Seine-Saint-Denis) en
6V puis en 24V en 4
versions : standard, SAHARA, avec suspension renforcée ou à
double commande.
En
11 ans de production, Hotchkiss produira 27628
M201 (dont 27604 facturées à l'armée), principalement dans son usine de Stains (Seine-Saint-Denis).
◄ vue du hall
d'assemblage de l'usine de Stains (Seine-Saint-Denis) en 1963 où furent
assemblées la plupart des jeeps Hotchkiss.
Au premier
plan, une JH102 civile suivie de M201 24V et de M201 en version Sahara au
fond à gauche. Photo : droits réservés
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Le 20 février 1981, l'armée annonce le remplacement de ses
jeeps par la Peugeot P4. A cette époque, plus de 8000 jeeps sont encore en
activité dont le remplacement est programmé pour la fin 2000. Ce sera à peu de
chose près le cas puisque la vente des dernières jeeps est annoncée par les Domaines en 2002 (ce qui n'empêchera pas la
vente de quelques jeeps encore militaires jusqu'en 2011 !!!).
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Après plus de 55 ans de bons et loyaux services, dont 35
pour les seules Hotchkiss, la jeep abandonne l'uniforme pour faire la joie
des collectionneurs et amateurs civils.
Reconstruction « sortie d'usine » d'une HOTCHKISS
M201 6V de 1958. A l'exception des clignotants, toutes les pièces sont
d'époque. Les pneus Kléber-Colombes 6.00x16 au profil military ont vu leurs
flancs peints en blanc lors de la perception en unité. Ce détail apporte
une touche d'époque supplémentaire. Bien que reconstruite à l'origine,
cette M201 a un parcours bien mystérieux : pas d'immatriculation
militaire, pas de passage en ERGM,
vendue par les Domaines dans les années 1970 dans le département 91, livrée
kaki puis bleue puis jaune, numéro 1059 encadré du poinçon Hotchkiss frappé
sur la main de pare-choc avant gauche face supérieure. Très nombreuses
pièces frappées "WOF" avec poinçon de montage des chaînes
HOTCHKISS. – photo Olivier BEDIOT u
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Mais pourquoi Hotchkiss ? Henry J. Ainsworth, d'origine anglaise, était
le neveu du P.D.G. de la maison mère britannique d'Hotchkiss. Après avoir
exercé différentes responsabilités dans l'usine de Saint-Denis, il prend la
tête en 1923 du département automobile d'Hotchkiss. En 1940, pour échapper
aux nazis, Ainsworth quitte la France pour l'Angleterre puis les Etats-Unis
comme membre de la mission permanente britannique d'achat de matériels de
guerre. Il fait alors la connaissance de Marcel Müller, collaborateur de
l'attaché commercial de l'ambassade de France. Marcel Müller épousera par
la suite la secrétaire d'Henry Ainsworth. A la libération, Marcel Müller,
qui a opté pour la nationalité américaine après s'être engagé dans l'armée
U.S., travaillera dans l'industrie automobile jusqu'à devenir patron de …
Willys-Overland. De l'amitié de ces deux hommes naquit une collaboration
professionnelle scellée dès 1946 avec un premier contrat assurant
l'exclusivité de la
commercialisation en France et dans l'Union française des jeeps civiles.
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29 octobre 2011
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